Sous marin russe Foxtrot

Sous-Marin Russe Foxtrot

 

Année de construction                                              1960
Sudomekh, Leningrad               (actuellement Saint Pétersbourg)
Volume de l'eau déplacée 1950 tonnes en surface, 2550 tonnes en plongée
Vitesse - en surface: 16,4 noeuds
- en plongée: 16 noeuds
- avec schnorckel: 9 noeuds
Propulsion

3 moteurs diesel: 2000 CV chacun
1 électromoteur: 2700 CV sur l'arbre d'hélice central
2 électromoteurs de 1350 CV chacun sur l'arbre d'hélice bâbord et tribord

Equipage 75 hommes
Immersion maximum 280 m
Armes 10 tubes de lancement de 21 pouces (6 à l'avant, 4 à l'arrière)
22 torpilles à bord ou 44 mines
Senseurs Récepteurs et émetteurs radio, brouilleurs, radar, sonars
2 périscopes: 1 périscope d'attaque et 1 périscope de navigation
Numéro de coque et type B-143, Foxtrot type 641
Les numéros de coque authentiques n'étaient jamais apposés sur la coque.
U-480 était un numéro de coque tactique pour abuser l'ennemi.

  

Noeud: le noeud est une unité de vitesse égale à un mille marin par heure soit +/- 1,852 km/heure

Schnorckel:  snorkel ou tube d'air est un tube hissable à l'immersion périscopique, permettant à un sous-marin de faire fonctionner ses moteurs diesel, alimentant ces derniers en air sans avoir à faire surface. En effet, sur les sous-marins diesel-electriques, il est indispensable de faire appel à l'air périodiquement afin de recharger les batteries.

Petit historique des sous-marins de la classe "Foxtrot"

Le concept des sous-marins de la classe "Foxtrot" fut développé dès 1953 à partir des expériences et données de la construction navale allemande, tombées en mains russes après la capitulation de l'Empire Allemand. Les sous-marins de ce type furent mis en chantier entre 1954 et 1981. Le 28 décembre 1957, le prototype portant le numéro 641 fut lancé sur les chantiers de Sudomekh à Saint-Petersbourg, jadis appelé Leningrad.Au total, 62 unités furent construites sous ce numéro, dont 12 furent exportées à Cuba, en Inde, en Libye et en Pologne. Pendant toute la durée du projet, deux modifications ont été apportées à la propulsion et à l'équipement électronique. Ceci a donné lieu à la création des numéros 641L et 641K.

 Les sous-marins de la classe Foxtrot étaient en mesure d'opérer sans interruption à grande profondeur durant quatre jours. Ensuite, ils étaient contraints de remonter jusqu'à 7 mètres (profondeur permettant d'utiliser le schnorckel) afin de renouveler l'air et de recharger les générateurs et batteries. C'est à ces moments-là qu'ils pouvaient le plus facilement être détectés. Les périodes opérationnelles en mer couvraient normalement 90 jours, après quoi le sous-marin nécessitait une révision d'entretien.

 La torpille était l'arme principale du sous-marin. Il pouvait en embarquer 22: 18 à l'avant et 4 à l'arrière. Les torpilles pouvaient être remplacées par 44 mines navales, qu'on posait en place à l'aide des tubes de lancement des torpilles. Une cargaison mixte de torpilles et de mines était possible aussi.

 L'équipage se composait de 12 officiers, 12 sous-officiers, un commissaire politique et 50 matelots, dont beaucoup faisaient partie du contingent. Ils restaient souvent jusqu'à 3 années à bord de la même unité.

 Chaque membre de l'équipage appartenait à l'une des cinq divisions: Navigation, Torpilles, Propulsion et Energie, Liaisons et Timonerie. En cas de navigation normale, on appliquait le système des quatre services de garde. Toutes les 24 heures, chacun effectuait 2 services de garde de 6 heures. Il n'y avait pas de blanchisserie à bord et l'équipage devait se contenter de 3 toilettes. La douche ne pouvait être utilisée que tous les dix jours, lorsque l'eau obtenue par condensation était disponible en quantité suffisante. Deux cuisiniers préparaient les repas, quatre fois par jour. La nourriture était jugée excellente - du moins suivant les normes soviétiques.

 Jusqu'en 1994 les sous-marins du type 641 ont navigué pour la marine russe et ils ont été employés pour différents types de missions. Nous manquons de données précises sur les marines étrangères, cependant il est admis que, dans une certaine mesure, des sous-marins du type Foxtrot naviguent toujours pour la marine polonaise et cubaine. Une douzaine d'autres unités attendent d'être mises à la casse, et trois exemplaires ont été aménagés comme musée à différents endroits dans le monde: à Sydney (Australie), Londres (Grande-Bretagne) et Zeebrugge (Belgique). Pour sa dernière mission, notre sous-marin a participé à la parade marine annuelle à Saint-Petersbourg, pendant l'été 1994.

Notre sous-marin a été conservé pratiquement dans son état d'origine et il donne une image de la vie et des activités à bord d'un sous-marin qui a contribué dans la période de la guerre froide à maintenir l'équilibre armé dans le monde.

Le Foxtrot est une attraction hors pair, qui vous permet de mieux comprendre les techniques et les possibilités du sous-marin.

LE POSTE DE COMMANDEMENT

Le contact avec le quartier général à Moscou était maintenu grâce à un équipement radio installé dans le compartiment radio. C'est également dans ce compartiment que se trouvaient les équipements de guerre électroniques comme les brouilleurs, les récepteurs d'interception et l'équipement d'analyse de spectre radio. Les messages interceptés pouvaient être déchiffrés dans la salle de décryptage, où arrivaient également les messages codés du quartier général.

Le poste de commandement est le coeur du sous-marin.

C'est du poste de commandement que le sous-marin était manouvré, que sa profondeur de navigation était déterminée, que les attaques étaient dirigées, que les torpilles étaient réglées et que les ordres de tir étaient donnés. Le lancement des torpilles était ensuite déclenché par le monteur au départ des compartiments des torpilles de proue et de poupe.

C'est également dans le poste de commandement que se trouvait l'équipement radar.

En temps de guerre, utiliser un radar revient pour un sous-marin à révéler sa propre position, raison pour laquelle cet équipement est peu utilisé.

Le sonar se trouvait dans le compartiment habité et dans le compartiment accus de devant. Ces espaces étaient séparés du reste afin de ne pas perturber le silence dont l'opérateur du sonar avait besoin pour écouter les signaux et les bruits causés par le déplacement dans l'eau des bateaux et des autres sous-marins.

En cas de navigation en immersion périscopique, l'opérateur du sonar se tenait dans le kiosque où il pouvait utiliser les périscopes pour déterminer la distance par rapport à une cible, un cap sûr et la position du bâtiment.
Il y avait deux types de périscopes à bord : le périscope de navigation, doté d'une grande tête optique, et un périscope d'attaque, équipé d'un petit objectif sphérique pratiquement invisible pour les moyens techniques de l'époque.

De nos jours, les systèmes radar sont à ce point perfectionnés qu'ils sont capables de détecter ce petit périscope.

L'ARMEMENT

Dans le compartiment des torpilles de proue de ce type de sous-marin, c'est-à-dire le compartiment des torpilles situé à l'avant du bâtiment, on pouvait stocker au total 18 torpilles.

Dans le compartiment des torpilles de poupe, c'est-à-dire le compartiment des torpilles situé à l'arrière du bâtiment, se trouvaient 4 tubes lance-torpilles qui, une fois vides, ne pouvaient être chargés que lorsque le bâtiment se trouvait dans un port ou flanc à flanc avec un avitailleur.

Dans ce même espace étaient également installés 18 lits pour 36 membres d'équipage, ainsi que le même nombre d'armoires ; chacune avait la taille d'une grande boîte à chaussures et leur permettait de ranger leurs effets personnels.

LA PROPULSION

La propulsion était assurée par trois moteurs diesel.

Lorsqu'un sous-marin navigue en plongée, la propulsion est assurée par ses électromoteurs. Les moteurs diesel sont alors coupés, car ils ont besoin d'oxygène pour fonctionner. Les moteurs diesel ne sont utilisés que pour naviguer en surface ou en immersion périscopique.

Lorsque le sous-marin navigue en surface, les moteurs diesel sont utilisés pour entraîner les arbres d'hélice, tandis que les électromoteurs, qui sont également sur chaque arbre, tournent en même temps et peuvent être utilisés comme générateurs pour charger les batteries.

LA VIE DES HOMMES A BORD

Les repas à bord d'un sous-marin étaient jugés excellents selon les normes soviétiques! Ils étaient préparés 4 fois par jour dans une coquerie de la taille d'une grande garde-robe. Le pain était cuit 1 fois par jour pour tout l'équipage, qui se composait de 75 hommes.

Il existait à bord trois cabines privées, réservées au commissaire politique, au commandant et au premier officier.

Pour les sous-officiers et officiers étaient prévus de petits espaces où ils pouvaient manger et se détendre.

Les autres membres de l'équipage mangeaient et dormaient dans les mêmes espaces. Des tables rabattables avaient été installées à cet effet et les lits leur servaient de sièges.

L'équipage devait se contenter de 2 toilettes dans lesquelles il pouvait également se doucher une fois tous les 10 jours, lorsque l'eau obtenue par condensation était disponible en quantité suffisante.

Les hommes avaient en outre à leur disposition des éviers où ils pouvaient effectuer leur toilette quotidienne et se laver les dents.

LE PROFIL DES HOMMES D'EQUIPAGE

Pour pouvoir naviguer à bord d'un sous-marin, il faut présenter certains traits de caractère permettant de travailler sans discontinuer, malgré le stress et la tension.

Recruter des sous-mariniers n'est pas une mince affaire!

Les épreuves psychologiques durent parfois trois jours au cours desquels on tente de déterminer si les candidats sont assez " fous " pour assurer, sans stress et dans un espace exigu, de la taille d'un égout, une charge de travail normale.

A vrai dire, le fait de ne pas paniquer lorsqu'on se trouve enfermé dans un espace réduit constitue une anomalie qui rend précisément une personne capable de travailler dans un sous-marin. Il faut en effet savoir que l'angoisse est une réaction humaine normale.

Les épreuves physiques nécessitent 1 journée à l'issue de laquelle les candidats qui ont réussi les épreuves sont déclarés "submarine fit".

Après avoir subi ces deux types d'épreuves, les hommes sont entraînés à évacuer les sous-marins. Cet entraînement a lieu à Portsmouth (Angleterre), Neustad (Allemagne) et Bergen (Norvège), où des tourelles spéciales sont remplies d'eau et permettent d'effectuer des exercices d'évacuation à des profondeurs de 30 à 60 mètres. Il est important qu'en cas d'urgence, les hommes restent confiants, qu'ils sachent qu'ils peuvent s'échapper du bâtiment et qu'ils aient été entraînés à le faire.

La situation familiale des membres d'équipage constitue un autre aspect important. Si tout se passe bien à la maison, le sous-marinier sera en mesure d'effectuer correctement son travail, car il ne devra pas se préoccuper d'une situation laissée derrière lui. Les sous-marins accostent fréquemment pour de courtes périodes, afin que les hommes puissent maintenir le contact avec leur famille et rester libres de tous soucis familiaux.

Tous ces aspects influent sur l'ambiance de travail qui règne dans un sous-marin, de sorte que dialoguer de façon directe constitue pour les membres de l'équipage la seule manière de bien travailler ensemble. Par conséquent, le mot d'ordre des sous-mariniers est "parler les uns avec les autres, mais jamais les uns à propos des autres".

Le sous-marin de nos jours

Les nouveaux sous-marins sont des bâtiments à propulsion anaérobie, c'est-à-dire qu'ils sont dotés de systèmes diesel fermés, de piles à combustible et d'électromoteurs, de moteurs stirling et d'un système de propulsion nucléaire.

De nombreuses expériences ont été menées récemment avec des systèmes sans propulseur, car les hélices émettent un bruissement dont l'importance reste cruciale pour le pistage, la détection, l'identification et la destruction.

Les armes utilisées de nos jours ont, elles aussi, fortement changé. Les grands bâtiments nucléaires transportent des missiles à têtes nucléaires multiples et disposent, pour leur propre défense, d'un arsenal varié de torpilles intelligentes.

Il existe des sous-marins qui peuvent même attaquer les avions, grâce à des systèmes de lancement de roquettes antiaériennes installés dans le kiosque.

La navigation en plongée a également été modernisée et affinée grâce à la technologie inertielle, au GPS et aux systèmes laser numériques, qui permettent de naviguer compte tenu de la topographie des fonds.

Le sous-marin de l'avenir sera non seulement une arme de guerre, mais également une plate-forme pour la recherche scientifique, car il est clair qu'à l'heure actuelle, nous connaissons nettement mieux l'espace qui entoure la terre que les grands fonds des mers et océans.

 

Les photos suivantes sont représentatives de la visite du sous-marin de l'arrière du bâtiment vers l'avant de celui-ci .

 

4 Lance torpilles arrières  Deux éviers tel celui-ci pour 75 hommes d'équipage   Les portes des différents sas séparant les différentes parties du bâtiment  Peut être le style de commande la plus rencontrée dans un sous-marin

De nombreuses commandes qui nous semblent vraiment difficile à maîtriser mais qui doivent être un jeu d'enfant pour les sous-mariniers     Le compartiment moteur

La cuisine, guère plus grande qu'une garde robe, avec son piano et son plan de travail   La cabine du capitaine Salle à manger et de détente des officiers et sous officiers

Un sous-marin est très compartimenté comme le montre les nombreuses portes de sas Le poste de commandement Salle de décryptage et des messages codés

Salle de détente des officiers et sous-officiers Le compartiment radio  permettant un contact permanent avec Moscou

Le poste de comandement est bien sûr entre deux portes pouvant être hermétiques

  

  

Compartiment des torpilles avant  Evier pour l'équipage    WC Douche !!!
 

     
 Scaphandrier Torpille prête à être chargée dans le tube   Intérieur d'un tube lance-torpilles   Retour à l'air libre avec un sentiment mitigé !!!! 

 

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Ajouter un commentaire